UA-28525695-1

21.01.2012

Compromis

Honney Bunny (mon épouse) ne veut pas que nous parlions de notre fille en sa présence. Elle a beau n'avoir que deux ans elle pourrait comprendre.  Si nous sommes tout de même amenés à la faire, évitons au moins de citer son prénom.

"Celle-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom". Ca m'a fait penser à un truc: pourquoi, dans nos discussions, ne pas remplacer son joli prénom par le pseudo Voldemort? Par exemple: "tu ne trouves pas que Voldemort est un peu constipée ces derniers temps?"

Allez savoir pourquoi (insondables mystères de la psychologie féminine), l'idée n'a pas plus. Bon, on a trouvé un compromis. Ce sera: Voldange.

07.01.2011

Moi pour la vie: parce qu'elle le vaut bien

En 2010, le principal sujet de débat pour les très débatteurs Maltais fut la légalisation du divorce. Eh oui, il reste un pays en Europe (et même dans l'Euro - ça n'a rien à voir, je sais, mais tout de même: l'Euro c'est moderne, non?) - il reste donc un pays moderne en Europe où le divorce n'existe pas. Du moins pour le moment, le sujet n'étant pas clos - et sans doute ne le sera-t-il jamais que temporairement.

J'évoquerai peut-être un autre jour la surprenante et rafraîchissante expérience que constitue pour un catholique la découverte de Malte - un pays où il va encore de soi d'être catholique. Pour le moment, je me contenterai de deux constats.

Sous forme d'aveu tout d'abord. J'ai pu être hésitant sur cette question du divorce et sans doute le suis-je encore un peu: l'avortement? pas question! l'euthanasie? pas plus! et le "mariage" gay? vous plaisantez!?! mais le divorce? tout de même ... interdire le divorce ... n'est-ce pas pousser un peu loin l'exigence? A Malte pourtant, je me suis presque naturellement surpris à souhaiter le succès du non. Les partisans du oui furent, à vrai dire, mes principaux alliés en ce sens, par l'affligeante médiocrité de leurs arguments ("on change vous savez, avec le temps, celui qu'on aimât n'est plus le même" et autres pleurnicheries ...). Mais j'ai aussi eu le sentiment qu'il s'agissait là d'un choix de société. Je veux dire: un choix dont les conséquences auraient à être supportées par une société. Si elle s'en sentait capable. Et c'est ce que j'avais envie de dire aux Maltais: je crois que vous êtes encore assez forts. Alors, tenez bon!

Et puis j'ai compris une chose au sujet du divorce. Le véritable enjeu n'est pas de permettre à des conjoints qui ne s'entendent plus de se séparer. Malte le prévoit: il existe un statut de "séparés". Non en réalité, quand on parle de légaliser le divorce, c'est légaliser le remariage que l'on veut dire.

Alors j'ai eu une idée - ça m'arrive. Puisque désormais le législateur se sent tenu d'offrir à tout un chacun les ajustements que réclame la précieuse originalité de sa personne, je réclame mon statut à moi. Y a pas de raison. Voilà: je voudrais qu'à tous les mariages, PACS, concubinages etc ... on ajoute un cas de figure: le mariage non-sécable!

Le principe en serait simple: les conjoints n'auraient plus jamais le droit d'épouser quelqu'un d'autre (sous quelque forme contractuelle que ce soit) tant que leur partenaire serait en vie. Intérêt? Et bien tout d'abord, cela me ferait plaisir - n'est-ce pas suffisant? non? sorry, j'avais cru comprendre que ... enfin, passons. 

Ensuite, je ne peux m'empêcher de penser que l'existence de cette possibilité ne serait pas sans susciter d'utiles discussions au moment de se décider: sécable ou pas? Le genre de questions qu'il est préférable de se poser avant (de faire des enfants par exemple). Enfin, sournois que je suis, j'ai dans l'idée qu'après quelques années ... comment dire? ... la différence se verrait.  Je veux dire: statistiquement. Réussite des enfants, problèmes psychiques, violences conjugales etc ...

Autant de bonnes raisons pour que mon projet soit enterré sans plus de procès. Je sais.

Et puis qu'importe. Chérie: je t'aime. Pour toujours.

 

05.01.2011

Sarkozy, c'est ainsi que Dieu ... (to be continued)

Aujourd'hui, nous allons étudier la pensée de Michel Houellebecq. Et plus précisément ce passage:

« Avec Nicolas Sarkozy, on est tombé sur un type sincère, ce qui s'était pas produit depuis longtemps, je crois. »

 

Je ne sais pas vous - enfin ... j'ai quand même un soupçon peu favorable - mais moi, j'avoue m'être dit: il n'a pas complètement tort.

(silence consterné)

Alors oui, c'est entendu: Nicolas Sarkozy a à peu près tous les défauts. Et bien, justement, s'il faut lui reconnaître une chose, n'est-ce pas au moins celle-là: on ne lui connaît pas de vice caché. Il a tout montré. Et avec un entrain qui, ma foi, confinait parfois à une forme - comment dire ... d'innocence?

Accessoirement, de plus compétents que moi dans l'analyse politique pourraient disserter sur qui, des présidents de ces trente dernières années (ça n'en fait que trois), s'est montré le plus conforme à ses promesses: le Mitterrand de "changer la vie", le Chirac de "réduire la fracture sociale" ou le Sarkozy de "travailler plus pour gagner plus"?

Mais bon, ici vous êtes sur un blog tenu par un catholique. Ca a ses conséquences inévitables. La première étant bien entendu que ce qui m'intéresse avant tout chez mes contemporains, ce sont leurs vices. On est comme ça, nous les catholiques. On vit par procuration, c'est connu. Tous les esprits libres et éclairés savent ça (et modernes, j'oubliais: libres, éclairés et par conséquent modernes).

Or donc, je ne peux m'empêcher de penser que question vices, à vrai dire, Mitterrand - pour en prendre un tout-à-fait au hasard - n'avait pas grand chose à envier à son indigne successeur. Au fond, Monsieur l'actuel premier personnage de la République (d'office majuscule à République? même quand c'est un belge qui écrit?) n'a pas encore tellement de suicidés plus ou moins suspects dans son entourage, il ne loge pas maîtresse et fille cachées au frais du contribuable, il ne publie pas régulièrement des bulletins de santé mensongers (ah! l'honnête Hubert Védrine) et s'il a instrumentalisé le Front National au moins ne fut-ce pas avec le dessein de le faire grossir (relire Meyer! écrirais-je si j'avais le style de BHL; Philippe Meyer en l'occurrence qui dans Démolition avant travaux confesse François-Henri de Virieu: l'ordre d'inviter Le Pen à l'Heure de Vérité était bien venu du Palais). En bref: le petit Nico a encore du progrès à faire avant d'égaler le (guère plus grand à vrai dire) François. Un peu de progrès dans le vice, beaucoup dans l'art de le camoufler.

Tout ça pour en venir à quoi d'utile? A rien à vrai dire. Juste au plaisir de vous partager une métaphore qui me fait souvent usage. Je la dois - même pour le rien, je soigne mes références - à Thomas Merton. Dans son célèbre ouvrage auto-biographique La nuit privée d'étoiles il établit une comparaison entre Harlem et Hollywood. Harlem de l'entre-deux guerres, où s'affichent à la vue de tous, crûment, les ravages que peut causer la misère: alcool, prostitution, déchéance, crime ... et Hollywood contre qui Merton met en garde: ne vous laissez pas abuser par le luxe et les apparences de respectabilité; derrière les façades lisses, ce sont les mêmes vices qu'à Harlem qui se déchaînent. Et Merton de conclure: Harlem, c'est ainsi que Dieu voit Hollywood.

Et moi de conclure (nous y sommes enfin): Sarkozy? c'est ainsi que Dieu voyait Mitterrand.

01.01.2011

Trésor caché

L'argent de l'Eglise! Les milliards du Vatican!

Quiconque fréquente un peu, ici ou ailleurs, les paroisses et leurs budgets ric-racs, les écoles, les hôpitaux, les innombrables initiatives sociales portées par l'Eglise et ses fidèles et qui pour la plupart tirent le diable par la queue et ne survivent que grâce à un bénévolat tenace et à beaucoup d'ingéniosité (et à des bonnes soeurs non-syndiquées), celui-là donc se demandera bien où il est passé "tout cet argent".

Sans doute Mgr Léonard a-t-il trois Porsche dans son garage. Probablement le Pape mange-t-il du caviar au petit déjeuner (avec une louche d'or fin incrustée de diamants) pour ensuite griller son premier Cohiba Esplendidos de la journée, alangui au bord de sa piscine privée c
omme le premier Pablo Escobar venu. Oui, ce doit être ça. What else?

Parlons-en d'ailleurs, de la vie de rêve de Benoît XVI. Les sources concordent (et une lecture du billet quotidien de l'agence Zenit (www.zenit.org) en confirmera aisément l'intuition): de 10 à 12 heures de travail quotidien, samedi compris (le reste étant consacré pour l'essentiel à la prière). A 83 ans. Mazette! On devine l'hyper-privilégié qui a pu s'entretenir. Ce doit être ça. What else?

Et ses innombrables voyages? Un peu moins que son prédécesseur mais tout de même. Cinq rien qu'en 2010: Malte, le Portugal, Chypre, la Grande-Bretagne, l'Espagne ! Ca n'est pas tout le monde qui peut se payer ça, je vous le dis moi. Et n'allez pas imaginer qu'il en soit réduit, comme le commun des mortels, à du safari, des visites de monuments ou des stages de jet-ski au Club Med. Privilégié il est, privilégié il reste: des séjours organisés rien que pour lui. Pleins à craquer de tout ce qu'il aime (et qu'on lui envie secrètement, avouons-le): messes en plein air, discours à la chaîne, rencontres de victimes d'abus sexuels. Que du fun! What else?

Mais ne tournons pas autour du pot. L'Eglise est riche, c'est vrai. De cathédrales magnificentes et d'oeuvres d'art des plus grands maîtres. Ou simplement d'humbles chapelles romanes à la beauté toute simple. Elle en a même couvert les pays où elle s'est installée. De très loin le plus grand et le plus riche musée au monde. Et partout ou à peu près: gratuit. Il suffit d'entrer pour admirer. Quelle mauvaise gestion des fonds! Quelle criminelle persistence dans l'inconséquence depuis plus de deux mille ans désormais, depuis ce jour où un apôtre plus moderne (progressiste?) que les autres s'était indigné qu'une femme de mauvaise vie gaspille son argent à honorer le Christ de parfum précieux plutôt que de donner l'argent aux pauvres. Quel apôtre encore? Ah oui! Judas.

Who else?

20.12.2010

Et talent-or

Nous naissons avec un patrimoine de talents qui est un cadeau, plus ou moins généreux, que la vie nous fait.

Ce que nous appelons "mérite", c'est en général, la manière dont nous gérons ce capital à notre avantage. Ce qui nous permet de justifier "moralement" le fait d'en garder les bénéfices: mais, je l'ai mérité!

Nous songeons rarement que ce patrimoine, nous n'avons absolument aucun mérite à l'avoir reçu.

16.11.2010

Tout n'est rien

Il faut se mobiliser pour TOUTES les victimes et pas seulement pour ses proches ...

... disent les gens qui ne se mobilisent jamais pour rien.

Délitisme

Dire au peuple ce qu'il a envie d'entendre ... c'est du populisme.

Mais dire aux "élites" ce qu'elles ont envie d'entendre, c'est de ...

... c'est aussi du populisme!

04.11.2010

Avocat de conscience

L'Eglise a besoin d'avocats et curieusement, ce sont surtout des procureurs qu'elle trouve en son sein. Etrange famille ...

Qu'on me comprenne: si mon père avait commis un crime, fut-il le plus terrible, je me sentirais tenu de prendre sa défense. Je me ferais son avocat. Cela ne signifie pas que je tricherais, que je mentirais, que je chercherais à justifier l'injustifiable. Non, je voudrais simplement que justice soit vraiment et honnètement rendue. Qu'on le condamne, peut-être, mais sans charger la barque et en tenant compte des circonstances atténuantes.

Je me ferais son avocat parce que sans doute, comme souvent, les accusateurs ne manqueraient pas. Alors si même sa propre famille ne se chargeait pas de le défendre, qui d'autre? Et puis tout simplement parce que mon père (ou ma mère, ou mon frère ...) je l'aime.

Malgré ses défauts (et avec ses merveilleuses qualités), l'Eglise est aussi ma famille. Elle m'a aussi aidé à grandir. Et je l'aime elle aussi. Et naïvement, je croyais cet attachement naturel à notre "mère" partagé par mes "frères" et mes "soeurs" dans la foi. Alors oui, l'attitude de nombre de mes correligionaires me laisse perplexe. Me déçoit. Et m'agace.

Au point tiens, que je vais même être un peu sec. C'est que j'ai mon idée sur les raisons de cette étrange déloyauté. On pointera bien sûr la peur de l'air du temps et du qu'en dira-t-on (les Guignols de l'Info, c'est tout de même autre chose que les lions du cirque ... ou que les bombes d'Al Quaeda en Irak ...). Mais je crois qu'il y a aussi autre chose de plus insidieux et que je n'ai pas eu à chercher bien loin de mon miroir. C'est si rassurant au fond de pouvoir critiquer cette Eglise qui nous demande l'impossible. On serait bien embêtés si elle était parfaite: quelles excuses pourrait-on alors se donner pour bricoler nos petits arrangements avec son message? Il y a juste un hic: ce n'est pas "son" message, c'est celui du Christ.

17.07.2010

Regrets éternels ...

Je n'aime pas du tout l'idée selon laquelle le Paradis serait une "récompense". Sans être théologien, je serais d'ailleurs bien surpris que l'Eglise le présente comme tel.

On est catholique par amour du Christ. C'est-à-dire, si l'on veut, par amour de l'Amour auquel on désire sans cesse ressembler plus encore. Et l'amour ... c'est la gratuité.

Est-ce d'ailleurs si difficile à comprendre? Quand nos yeux s'ouvriront, quand dans la lumière du Christ, nous verrons enfin les choses de la bonne manière, tous nos actes, toute notre vie, alors tout simplement nous serons heureux de ce que nous aurons fait de bien et profondément tristes de nos manques d'amour. Par action et par omission: c'est-à-dire aussi de toutes les occasions de bien faire que nous aurons négligées. La joie du Paradis, la détresse de l'enfer.

Il est fréquent d'entendre dire: quand je serai vieux, je ne veux pas avoir de regrets. Je pense presque la même chose: moi, c'est après ma mort que je voudrais ne pas avoir (trop) de regrets.

04.05.2010

Puissance Christ

Me revient cette histoire, lue il y a longtemps, racontée par je ne sais plus qui. L'auteur rentrait d'une exposition d'engins de chantiers: grues, bulldozers, etc ... une impressionnante démonstration de force. Pourtant, ce qui avait le plus marqué les spectateurs, c'était quand un grutier avait réussi à saisir un morceau de sucre dans la gueule de son énorme engin, pour le poser sur le goulot d'une bouteille. Et le narrateur de conclure: il y a plus impressionnant que la puissance, c'est la puissance maîtrisée.

 

Le Vendredi Saint, cloué sur sa croix, le Christ était au sommet de sa puissance.